IMG_5988D Pierre Auguste Renoir 1841-1919 Paris Paysage de Cagnes Landscape of Cagnes 1908 Parme Fondazione Magnani Rocca

June 11, 2021 - Comment

Pierre Auguste Renoir 1841-1919 Paris Paysage de Cagnes Landscape of Cagnes 1908 Parme Fondazione Magnani Rocca La fondation Magnani Rocca est un charmant petit musée. Le visiteur passe vite d’une époque à une autre. Il m’a paru amusant d’accentuer la transition et de mélanger dans la galerie, pas dans l’album, des époques lointaines. Pour mieux

Pierre Auguste Renoir 1841-1919 Paris
Paysage de Cagnes Landscape of Cagnes 1908
Parme Fondazione Magnani Rocca

La fondation Magnani Rocca est un charmant petit musée. Le visiteur passe vite d’une époque à une autre. Il m’a paru amusant d’accentuer la transition et de mélanger dans la galerie, pas dans l’album, des époques lointaines. Pour mieux mettre en évidence les ruptures de styles et de thèmes. Ruptures toujours liées aux changements des croyances des hommes.
The Magnani Rocca foundation is a charming little museum. The visitor quickly passes from one era to another. It seemed fun to me to accentuate the transition and to mix distant eras in the gallery, not in the album. To better highlight the breaks in styles and themes. Ruptures always linked to changes in men’s beliefs.

LES DÉBUTS DE L’ABSTRACTION

Si l’idée est adéquate ne cherche pas la ressemblance extérieure.
Poète Song. (Chine 960-1279)

L’art n’est authentique que s’il parvient à explorer le mystère des choses.
François CHENG (« Toute beauté est singulière » « D’où jaillit le chant » et « Shitao, la saveur du monde » "L’art du trait" )

Si Edouard Manet est un précurseur de "la peinture plate", celle qui efface la troisième dimension, Claude Monet est, parmi les impressionnistes, le plus notable annonciateur de l’art non figuratif. "Impression soleil levant" date de 1873. Il a été précédé dans cette voie par William Turner dont il a vu les oeuvres les plus audacieuses à Londres en 1870 ( et aussi de Constable). La National Gallery a en effet exposé les tableaux les plus avant gardistes, de Turner, mort en 1851, dès 1856. Jean Baptiste Camille Corot, dès les années 1825-1830, pendant sa première période, a peint des tableaux de paysage, notamment d’Italie, qui par la réduction de la perspective, la simplification des lignes, l’esquive des détails, les aplats de couleurs, annoncent l’abstraction.
Claude Monet a été aussi précédé par un peintre romantique comme Eugène Delacroix, ou encore, plus proche de lui, par Eugène Boudin, deux peintres dont certaines esquisses, et même certaines oeuvres considérées comme achevées, sont à la limite du non figuratif. Dans toute l’Europe, à partir des années 1850, les peintres explorent une esthétique qui est à la base de l’art abstrait qui s’épanouira à partir de 1900. Cette première peinture abstraite part du réel tel qu’il est perçu par les yeux de l’homme.
Les peintres prennent pour point de départ très essentiellement la Nature. La ville est aussi, mais plus rarement un thème de cette époque. La ville n’est pas encore vers 1850-1900 le cadre obligé de la très grande majorité des Européens. Monet peint comme les photographes contemporains qui captent les reflets de la lumière dans l’eau.
Avec les romantiques, les pré-impressionnistes, les impressionnistes et les post-impressionnistes, la rupture avec le réel n’est pas totalement consommée. La nature et l’environnement humain restent une source suffisamment directe de l’inspiration artistique pour que le grand public perçoive clairement la signification de l’oeuvre et son lien avec le monde environnant. Les arbres restent des arbres, stylisés mais reconnaissables avec leurs troncs et leur feuillage, même si celui ci n’est déjà plus qu’une tache uniforme de couleur, plus ou moins naturelle.
Il est clair cependant que la peinture européenne ne cherche plus à "imiter la nature", comme elle l’avait fait depuis l’époque gothique, et comme l’avait constaté et admiré Giorgio Vasari vers 1550.
Tous les procédés qui caractérisent "l’Art Moderne" (1850-1950 en dates grosses) éloignent la peinture européenne d’une représentation fidèle, exacte, naturaliste, du monde.
L’Esquisse élevée au rang de tableau achevé, le tachisme, la dilution du dessin, ou au contraire son acuité, l’accent mis sur la rigueur de ligne et les contours nets, l’aplatissement des volumes, l’atténuation ou la disparition de la perspective ("la peinture plate"), la décomposition des formes et des masses en leurs composantes géométriques, les couleurs totalement arbitraires de Gauguin ou des Fauves, tous ces procédés de l’Art Moderne, tendent à substituer à une représentation naturaliste, exacte, en trois dimensions, du monde, une interprétation de l’environnement de l’homme, en deux dimensions, schématique, symbolique et synthétique. C’est cette esthétique qui aboutira à l’art abstrait.
Tous ces procédés "novateurs" de l’art moderne sont totalement inspirés par l’art roman, byzantin et paléochrétien que tous les artistes fréquentant Paris connaissent très bien pour en voir les oeuvres au Louvre, Bref, comme la Renaissance, l’Art Moderne trouve son inspiration dans le passé européen.
L’art nègre si souvent invoqué, tout à fait à tort, comme source d’inspiration de l’art moderne européen a été une source très tardive, pour quelques peintres très marginaux qui connaissaient l’Afrique ou avaient vu un musée d’art africain. Mais il faut rappeler les faits: le Musée des Arts Océaniens et Africains de Paris date de 1931 et le Musée de l’Homme de 1937. Les élèves peintres européens des années 1830-40, habitant Paris, étudiants à l’Ecole des Beaux Arts, fondée en 1817, et dans les ateliers des grands peintres du Néo- Classicisme et de l’Académisme, fréquentaient le Louvre. Les fonds d’or uniformes des peintures plates, sans perspective ni volumes, sans expression psychologique, de l’art paléochrétien , byzantin (car ils voyagent en Italie, et pas du tout à Dakar ou au Cameroun), de l’art roman et du gothique primitif ont à l’évidence plus nourri leur inspiration que les masques nègres qu’ils ne connaissaient pas. Picasso oui, peut être, mais beaucoup plus tard. Si une influence extérieure à l’Europe a pu avoir un rôle dans le développement de l’art moderne il serait plus judicieux de chercher du côté du Japon. La mode japonaise, "le japonisme", se fait sentir des les années 1850 et suivant.
Cet "Art Moderne" qui nait avec les romantiques européens et les impressionnistes français est tout de même un changement radical, et volontaire, d’esthétique par rapport à tout le temps qui s’est écoulé entre 1350 et 1850, Cinq siècles, de peinture "naturaliste". A partir de l’Art Moderne, la peinture européenne ne cherche plus à reproduire le plus fidèlement possible le monde qui l’entoure, elle cherche à le suggérer, à le réinventer en l’analysant, le décomposant, le déformant, le simplifiant, le synthétisant. Outre la Nature, la ville, les intérieurs domestiques, les portraits, le corps de la femme, sont aussi des terrains d’essai du Modernisme, et cela dès les post-impressionnistes.
Très vite, vient le temps d’une recherche de formes nouvelles totalement indépendantes du réel sensible. C’est le temps des points des cercles, des carrés, des rectangles, des triangles, des octogones, des pyramides, des lignes….toute la géométrie euclidienne va y passer. Là encore l’art européen revient aussi tout simplement à l’art des steppes et aux tous débuts de l’enluminure, vers le 8è et le 9è siècle, avec ses frises de motifs purement géométriques. Le géométrisme est une des toutes première manifestations artistiques de l’homme. Bref sur le terrain de l’art il semble que l’Europe avance à reculons.
L’art abstrait, parce qu’il n’est pas figuratif, s’éloigne du réel sensible, avec des conséquences nécessaires et inévitables : Une absence de sens, une perte de signification, et donc une rupture de la communication entre le peintre et son public. Un public qui bien évidemment pense et ressent des émotions en résonance avec l’environnement qu’il perçoit par ses yeux. Un public, attardé du point de vue de certains intellectuels , mais pour lequel la géométrie euclidienne et les frises sont moins évocatrices, moins parlantes, moins significatives qu’un paysage, un nu ressemblant ou un portrait fidèle. L’absence de sens est donc nécessairement, par définition, au bout du chemin de l’abstraction. On voit alors apparaître un art individualiste à l’extrême, autiste, qui laisse à chaque spectateur le soin de trouver une signification à un tableau, ou de n’en pas trouver. J’ai esquissé ailleurs certains des aspects positifs ou négatifs et les interrogations que peuvent susciter l’absence de signification partagée entre l’artiste et le public dans l’art abstrait (L’art abstrait : le Beau sans le Sens?) L’Art Abstrait débouche donc nécessairement sur le non-sens, compris comme l’absence de signification susceptible d’être perçue par le spectateur et surtout partagé avec lui Mais le non- sens de l’art Abstrait n’est pas l’Absurde et n’est pas le Laid, ces deux grandes inventions de l’Art Contemporain, à partir des années 1950. Il faut constater qu’avec l’Art Contemporain, c’est à l’évidence, pour un temps, la mort du Beau et du Sens dans l’Art Officiel occidental. Une idéologie du laid, de l’aberrant, de l’abject et de la provocation systématique s’est imposée dans les milieux officiels et se produit fièrement dans des musées construits tout exprès pour elle. Même si les Influents laissent vivre l’art commercial privé et l’art des rues, cet art officiel habité par tout un système de non-valeurs, coupé des populations, tandis que l’art populaire est cantonné dans des "Réserves", comme les éléphants et les baleines, n’est pas un signe de dialogue social. L’Art Contemporain Officiel (ACO) n’a plus de rôle inter-social et s’instaure en réserve pour éclairés.
Les Sages et les Gardiens de la République Universelle telle qu’imaginée par Platon au 5è siècle avant notre ère, enfin mise en pratique au 21è siècle, ont leur art réservé. Quant aux peuples "non-éclairés" de la base de la pyramide, ils ont la télévision, la radio, la publicité, la photographie, l’art des rues et l’art commercial privé.

THE BEGINNINGS OF THE ABSTRACTION

If the idea is adequate, do not seek external resemblance.
Poet Song. (China 960-1279)

Art is only authentic if it manages to explore the mystery of things.
François CHENG ("All beauty is singular" "From where springs the song" and "Shitao, the flavor of the world" "The art of the trait")

If Edouard Manet is a precursor of the "flat painting", which erases the third dimension, Claude Monet is, among the Impressionists, the most notable annunciator of the non-figurative art. "Impression Rising Sun" dates of 1873. He was preceded in this way by William Turner, of whom he saw the most audacious works in London in 1870 (and also the works of Constable). The National Gallery has indeed exhibited the most advanced paintings of Turner, who died in 1851, as early as 1856.
Jean Baptiste Camille Corot, since the years 1825-1830, during his first period, painted landscape paintings, notably from Italy, which by the reduction of the perspective, the simplification of the lines, the dodging of the details, the flat areas of colors, announce the abstraction.
Claude Monet was also preceded per a romantic painter like Eugène Delacroix, or, even closer to him, per Eugène Boudin, two painters whose somes sketches, and even certain works considered as completed, are at the limit of the non-figurative. Throughout Europe, from the 1850s, painters explore an aesthetic that is the basis of abstract art that will flourish from 1900. This first abstract painting starts from the real, as it is perceived by the eyes of man. Painters take Nature as their starting point. The city is also, but more rarely a theme of this time. The city is not yet around 1850-1900 the obligatory framework of the vast majority of Europeans. Monet paints like contemporary photographers who capture the reflections of the light in the water.

With romantics, pre-impressionists, impressionists and post-impressionists, the break with reality is not totally consumed.. Nature and the human environment remain a sufficiently direct source of artistic inspiration for the general public to perceive clearly the meaning of the work and its connection with the surrounding world. The trees remain trees, stylized but recognizable with their trunks and foliage, even if the latter is already only a uniform spot of color, more or less natural.
It is clear, however, that European painting no longer seeks to "imitate nature", as it had done since the Gothic era, and as had observed and admired Giorgio Vasari around 1550.
All the processes that characterise "modern Art " (1850-1950 in large dates) move European painting away from a faithful, exact, naturalistic representation of the world.
The sketch elevated to the rank of completed painting, the tachism, the dilution of the drawing, or on the contrary its acuteness, the emphasis on the rigor of line and the net outlines, the flattening of the volumes, the attenuation or the disappearance from the perspective ("the flat paint"), the decomposition of forms and masses into their geometrical components, the totally arbitrary colors of Gauguin or Fauves, all these processes of Modern Art, tend to replace a naturalistic representation, exact , in three dimensions, of the world, by an interpretation of the environment of the man, in two dimensions, schematic, symbolic and synthetic. It is this aesthetic that will lead to abstract art.

All these processes "Innovative" of modern art are totally inspired by the Romanesque, Byzantine and Paleocristian art that all the artists frequenting Paris know very well, to see the works in the Louvre. In short, as the Renaissance, modern art finds His inspiration in the European past.
The Negro art so often invoked, quite wrongly, as a source of inspiration for modern European art was a very late source, for some very marginal painters who knew Africa or had seen an African art museum. But we must remember the facts: the Museum of the Pacific and African Arts of Paris dates from 1931 and the Museum of the Man of 1937. The European painters of the years 1830-40, living in Paris, students at the School of Fine Arts, founded in 1817, and in the workshops of the great painters of neo-Classicism and Academicism, frequented the Louvre. The gilding of the backgrounds of the flat paintings, without perspective or volumes, without psychological expression, of the Paleocristian art, Byzantine (as they travel in Italy, and not at all in Dakar or Cameroon), Romanesque art and primitive Gothic have clearly More nourished their inspiration more than the Negro masks they did not know. Picasso Yes, maybe, but much later. If an influence outside Europe could have a role in the development of modern art it would be more advisable to look for the side of Japan. The Japanese fashion, "Japanism ", is felt from the years 1850 and following.

This "Modern Art" which is born with the European romantics and the French impressionists is a radical and voluntary change of aesthetic compared to all the time that has elapsed between 1350 and 1850, Five centuries of painting "naturalist". Starting from Modern Art, European painting no longer seeks to reproduce as closely as possible the world around it, it seeks to suggest it, to reinvent it by analyzing it, breaking it down, distorting it, simplifying it, the synthesizing. In addition to Nature, the city, domestic interiors, portraits, the body of women, are also test grounds of Modernism, and this since the post-Impressionists.
Very soon, the time comes for a search for new forms totally independent of the sensible reality. This is the time of the points of the circles, squares, rectangles, triangles, octagons, pyramids, lines …. all the Euclidean geometry will inspire abstract art. Here again, European art is also simply a return to the art of the steppes and to the beginnings of painted manuscripts, towards the 8th and 9th century, with its friezes of purely geometric motifs. The geometrism is one of the first artistic manifestations of man. In short, in the field of art it seems that Europe is moving forward, but recoiling

Abstract art, because it is not figurative, moves away from the sensible real, with necessary and inevitable consequences: A lack of sens, a loss of meaning, and therefore a rupture of the communication between the painter and His public. An audience that obviously thinks and feels emotions in resonance with the environment that he perceives through his eyes. A public, delayed from the point of view of some intellectuals, but for which the Euclidean geometry and the friezes are less evocative, less speaking, less meaningful than a landscape, a nude resembling or a faithful portrait. The absence of meaning is therefore necessarily, by definition, at the end of the path of abstraction. We then see an extreme individualist art, autistic, which leaves each spectator the task of finding a meaning to a painting, or not finding one. I have sketched elsewhere some of the positive or negative aspects and the questions that may arise from the lack of shared meaning between the artist and the public in abstract art ((Abstract art: the Beautiful without the Meaning?)
Abstract Art therefore necessarily leads to non-sense, understood as the lack of meaning that can be perceived by the viewer and shared with him. But the non-sense of abstract art is not the absurd and is not ugliness, these two great inventions of the Contemporary Art, from the years 1950. It is necessary to note that with the Contemporary Art, it is obviously, for a time, the death of the beauty and meaning in the Western Official Art. An ideology of the ugliness, the aberrant, the abject, and the sytematic provocation has imposed itself in official circles and proudly occurs in museums built entirely for it. Even if the Influents let live the private commercial art and street art, this official art inhabited by a whole system of non-values, cut off populations, while the popular art is confined in "Reserves", as elephants and whales, is not a sign of social dialogue. The Official Contemporary Art ( OCA) no longer has an inter-social role and is established as a reserve for enlightened.
The Sages and Guardians of the Universal Republic as conceived by Plato in the 5th century BC, finally put into practice in the 21st century, have their reserved art. As for the "un-enlightened" peoples of the base of the pyramid, have television, radio, advertising, photography, street art and private commercial art.

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