IMG_5985F Lorenzo Costa 1460-1533 Mantoue Saint Sébastien Parme Fondazione Magnani Rocca

March 18, 2021 - Comment

Lorenzo Costa 1460-1533 Mantoue Saint Sébastien Parme Fondazione Magnani Rocca La fondation Magnani Rocca est un charmant petit musée. Le visiteur passe vite d’une époque à une autre. Il m’a paru amusant d’accentuer la transition et de mélanger dans la galerie, pas dans l’album, des époques lointaines. Pour mieux mettre en évidence les ruptures de

Lorenzo Costa 1460-1533 Mantoue
Saint Sébastien
Parme Fondazione Magnani Rocca

La fondation Magnani Rocca est un charmant petit musée. Le visiteur passe vite d’une époque à une autre. Il m’a paru amusant d’accentuer la transition et de mélanger dans la galerie, pas dans l’album, des époques lointaines. Pour mieux mettre en évidence les ruptures de styles et de thèmes. Ruptures toujours liées aux changements des croyances des hommes.
The Magnani Rocca foundation is a charming little museum. The visitor quickly passes from one era to another. It seemed fun to me to accentuate the transition and to mix distant eras in the gallery, not in the album. To better highlight the breaks in styles and themes. Ruptures always linked to changes in men’s beliefs.

L’EROTISME DANS LA PEINTURE EUROPEENNE

Le christianisme n’a pas été très favorable à la peinture érotique. Bien moins que l’hindouisme par exemple.
Le Nouveau Testament n’était pas une source très riche d’inspiration pour les artistes peintres.
L’Ancien Testament était un peu plus favorable, avec quelques thèmes souvent repris par les peintres, en les déformant plus ou moins :
Adam et Eve, bien sûr, en premiers.
L’histoire de "Lot et ses filles" était une vraie Providence pour les artistes peintres un peu grivois.
Mais il y avait aussi : "Suzanne et les Vieillards".
"Bethsabée au bain", guettée par la lubricité du roi David.
"Samson et Dalila". L’éternelle perfidie féminine….
"Judith et Holoferne", pour les sado-masochistes qui aiment le sang qui gicle.
Le Nouveau Testament était bien plus pauvre en comparaison de l’Ancien : En dehors de Marie Madeleine repentante de ses erreurs passées, ou adorante du Christ souffrant ou ressuscité, de Salomé, de quelques femmes saintes martyrisées… Rien.
Si, Saint Sébastien et quelquefois Saint Jean Baptiste.
Les représentations de Saint Sébastien sont toujours très marquées par un érotisme discret, souvent homosexuel, ou en tout cas bisexuel.
J’ignore ce qui, dans l’histoire de Saint Sébastien lui a valu de symboliser aussi souvent l’homosexualité ou la bisexualité. Sans doute faut-il chercher une fois de plus dans la direction de Jacques de Voragine et de "la légende dorée".
Les peintres ont dû attendre la "Renaissance" pour pouvoir enfin représenter le nu masculin et féminin en s’inspirant de l’histoire et de la mythologie grecque et romaine. Les Amours de Zeus, quelle chance pour la peinture européenne ! Et Aphrodite-Vénus ! et Artémis-Diane ! et toutes ces Nymphes !
Pour plusieurs siècles la peinture européenne prend deux directions : une austère commanditée par l’Eglise. L’autre plus libertine commanditée par l’aristocratie.
Avec la Réforme, l’érotisme se fait à nouveau rarissime ! La Réforme est un retour à la thématique de l’Ancien Testament, sur ce point comme sur bien d’autres. Heureusement la Réforme ne concerne que l’Europe du Nord. Celle du sud peut continuer à représenter des déesses grecques nues.
Bref l’érotisme ne s’installera à nouveau dans la peinture européenne, du nord au sud, qu’avec l’Art Moderne, tout de suite après la fin des guerres révolutionnaires et impériales, dès les Romantiques apparaissent les odalisques.
Dans nos musées d’Art Contemporain ? des nus ? Non, des carrés, des cercles, des lignes, des zigs et des zags… mais pas de nus. Nos élites sont austères, parait-il. Les nus sont dans la publicité, le cinéma, la télévision, les bandes dessinées, tout ce qui est à destination du peuple.

Voici ce que précise Wikipédia à propos de l’iconographie de Saint Sébastien :

« Selon les pays, {de par son passé de cenurion romain} saint Sébastien est considéré comme le saint patron des soldats en général et des fantassins (armée de terre) en particulier, des gardes suisses, des conquistadores, mais aussi des athlètes et, en France, des archers en particulier, et par extension des officiers de police.

Saint Sébastien est parfois considéré comme la plus ancienne icône gay. Véritable “culte,” surtout institué au début du XIXe siècle par des Anglais fortunés et cultivés, dans le cadre de voyages sentimentaux en Italie, bien dans la vogue romantique. Mais cette référence à l’homosexualité remonte sans doute à la Renaissance, où on commence à le peindre sous la forme d’un jeune homme d’une grande beauté. À cette époque, la mode italienne s’empare de l’Europe et permet la redécouverte des antiquités gréco-romaines et conduit peu après à associer saint Sébastien, sans pour autant le confondre, à une autre figure, celle de l’Antinoüs, compagnon de l’empereur Hadrien. Antinoüs, saint Sébastien, puis sans doute Patrocle le compagnon d’Achille, constituent les trois icônes gays masculines antiques dont les littératures du XIXe et du XXe siècles vont s’abreuver. De nos jours, le culte de saint Sébastien reste vif auprès des catholiques homosexuels qui le revendiquent comme saint patron et intercesseur, sans que cela soit reconnu officiellement par l’Église. Le rôle de saint Sébastien lors des épidémies de peste a parfois été étendu à l’épidémie du SIDA. »
La vie de saint Sébastien a également fait l’objet, en 1976, d’une libre adaptation filmée de Paul Humfress et Derek Jarman, Sebastiane, entièrement tournée en latin et qui aborde le thème de l’homosexualité. "

Il y a certainement effectivement un fantasme sexuel d’ordre homosexuel qui se satisfait de la représentation du corps de Saint Sébastien lardé de flèches. L’iconographie de Saint Sébastien, à partir du 16è siècle, est très généralement ambiguë. Pas à l’époque catholique, c’est une représentation qui date de la "Renaissance". Non seulement il ne souffre pas, mais il donne très souvent l’impression de prendre du plaisir à son martyr ! Je ne me place pas ici sur le plan moral, mais je pense que cette symbolique est naturellement et psychologiquement malsaine. Ce n’est pas animal, c’est pire : Ce comportement est tordu comme seul un humain peut l’être !

THE EROTISM IN THE EUROPEAN PAINTING

Christianity has not been very favorable to erotic painting. Far less than Hinduism, for example.
The New Testament was not a rich source of inspiration for painters.
The Old Testament was a little more favorable, with some themes often taken up by the painters, deforming them more or less:
Adam and Eve, of course, first.
The story of "Lot and his daughters" was a true Providence for the painters who were a bit salacious.
But there were also: "Suzanne and the Old Men".
"Bathsheba in the bath", watched by the lust of King David.
"Samson and Dalila". The eternal female perfidy ….
"Judith and Holoferne", for sado-masochists who love blood spurting.
The New Testament was much poorer in comparison with the Old : Outside of Mary Magdalene repentant of her past mistakes, or adorant of the suffering or resuscitated Christ, of Salome, some martyred holy women … Nothing.
If San Sebastian. And sometimes Saint John the Baptist.
Representations of St. Sebastian are always marked by a discreet eroticism, often homosexual or at least bisexual.
I do not know what in the history of San Sebastian has earned him as often symbolize homosexuality or bisexuality. No doubt we must look once again in the direction of Jacques de Voragine and of "the golden legend"
The painters had to wait the ‘Renaissance’ to represent the male and female nude inspired by history and Greek and Roman mythology. The Loves of Zeus, what a chance for European painting! And Aphrodite-Venus! And Artemis-Diana! And all these Nymphs!
For several centuries European painting took two directions: an austere ordered by the Church. The other more libertine sponsored by the aristocracy.
With the Reformation, eroticism is once again very rare! The Reformation is a return to the theme of the Old Testament, on this point as on many others. Fortunately, the Reformation concerns only Northern Europe. The southern one can continue to represent naked Greek goddesses.
In short, eroticism will only take place once again in European painting, from the north to the south, with Modern Art, right after the end of the revolutionary and imperial wars, as soon as the romantics, appear the odalisques.
In our contemporary art museums? naked? No, squares, circles, lines, zigs and zags … but not naked. Our elites are austere, it seems. Nudes are in advertising, cinema, television, comics, all that is for the people.

Here is what Wikipedia specifies about the iconography of San Sebastian:

"Depending on the country, {due to its history as a Roman cenurion} San Sebastian is considered as the patron saint of soldiers in general and infantrymen (army) in particular, Swiss guards, conquistadores, but also athletes and, in France, archers in particular, and by extension police officers.

San Sebastian is sometimes considered the oldest gay icon. A true "cult", especially instituted at the beginning of the 19th century by wealthy and educated Englishmen, as part of sentimental journeys to Italy, well in the romantic trend. But this reference to homosexuality probably dates back to the Renaissance, when he was first painted as a young man of great beauty. At that time, Italian fashion took hold of Europe and allowed the rediscovery of Greek-Roman antiquities and led shortly afterwards to associate Saint Sebastian, without confusing him, with another figure, that of the Antinous, companion of the Emperor Hadrian. Antinous, Saint Sebastian, and probably Patroclus, Achilles’ companion, are the three ancient gay male icons from which 19th and 20th century literature will be drank. Nowadays, the cult of Saint Sebastian remains strong among homosexual Catholics who claim it as their patron saint and intercessor, without this being officially recognized by the Church. San Sebastian’s role in plague epidemics has sometimes been extended to the AIDS epidemic. »
In 1976, Paul Humfress and Derek Jarman, Sebastiane, also filmed a free adaptation of the life of Saint Sebastian, entirely shot in Latin, which deals with the theme of homosexuality. "

There is certainly a sexual fantasy of a homosexual nature that is satisfied with the representation of San Sebastian’s body with arrows in it. The iconography of San Sebastian, from the 16th century onwards, is very generally ambiguous. Not in the Catholic period, it is a representation that dates from the "Renaissance". Not only does he not suffer, but he very often gives the impression of taking pleasure in his martyrdom! I do not place myself here on a moral level, but I think that this symbolism is naturally and psychologically unhealthy. It is not animal, it is worse: This behavior is twisted as only a human can be!

Comments

Eric Jeandrau says:

Classe

Caffe_Paradiso says:

That’s an unusually beefy Sebastian.

raffaele pagani says:

che fisico da culturista

sorferru says:

uno dei più indifferenti
one of the less concerned
l’un des plus indifférents

Write a comment

*

Stream Store Chat

Send Us A Message. Ask us anything.